Quels symptômes exigent une urgence médicale ?

Quels symptômes exigent une urgence médicale ?

Une douleur thoracique qui serre, une bouche qui se déforme soudainement, une respiration qui ralentit ou une personne impossible à réveiller ne sont pas des symptômes à surveiller « jusqu’à demain ». Se demander quels symptômes exigent urgence permet de prendre une décision simple quand chaque minute compte : appeler les secours plutôt que chercher à deviner la cause.

L’urgence n’est pas réservée aux situations spectaculaires. Certains signaux commencent discrètement, puis s’aggravent vite. En cas de doute sérieux, il vaut mieux contacter les services d’urgence. Au Canada, composez le 911. En France et en Belgique, le 112 permet de joindre les secours. Expliquez ce que vous observez, où vous vous trouvez et depuis quand les symptômes ont commencé.

Quels symptômes exigent une urgence immédiate ?

Douleur ou pression dans la poitrine

Une douleur, une pression, une brûlure ou un serrement au centre de la poitrine exige une évaluation urgente, surtout si cela dure plus de quelques minutes, revient, ou s’accompagne d’essoufflement, de nausées, de sueurs froides, d’étourdissements ou d’une douleur qui se propage au bras, au dos, au cou ou à la mâchoire.

Un problème cardiaque ne ressemble pas toujours à l’image classique d’une douleur intense. Chez certaines personnes, notamment les femmes, les personnes âgées et les personnes vivant avec le diabète, l’alerte peut prendre la forme d’une fatigue brutale, d’un malaise, d’un souffle court ou d’une indigestion inhabituelle. Ne conduisez pas vous-même vers l’hôpital si vous pensez à une crise cardiaque : appelez une ambulance.

Signes possibles d’AVC

Un accident vasculaire cérébral peut évoluer très rapidement. Retenez trois repères : visage qui s’affaisse d’un côté, faiblesse ou engourdissement soudain d’un bras ou d’une jambe, difficulté nouvelle à parler ou à comprendre. Une perte soudaine de vision, un trouble de l’équilibre, une confusion inhabituelle ou un mal de tête extrêmement violent peuvent aussi signaler un AVC.

Même si les signes disparaissent après quelques minutes, l’urgence demeure. Cela peut être un accident ischémique transitoire, souvent annonciateur d’un AVC plus grave. Notez l’heure à laquelle la personne a été vue normale pour la dernière fois : cette information aide les équipes médicales à choisir le traitement adapté.

Difficulté à respirer ou coloration bleutée

Appelez sans attendre lorsqu’une personne peine à respirer, parle difficilement faute d’air, respire très lentement, présente une respiration bruyante inhabituelle ou devient bleue ou grisâtre autour des lèvres. Une crise d’asthme sévère, une réaction allergique, une embolie pulmonaire, une infection grave ou une intoxication peuvent être en cause. Il n’est pas nécessaire de connaître la cause avant d’appeler.

Le gonflement rapide de la langue, des lèvres ou de la gorge, des plaques d’urticaire étendues, une voix rauque et une sensation de gorge qui se ferme évoquent une réaction allergique sévère. Si un auto-injecteur d’adrénaline a été prescrit à la personne, utilisez-le selon son plan médical, puis appelez les secours. L’amélioration après l’injection ne remplace pas une surveillance médicale.

Perte de connaissance, convulsions ou confusion soudaine

Une personne inconsciente, difficile à réveiller ou qui s’effondre sans explication doit être considérée en urgence. Vérifiez si elle respire normalement. Si elle ne respire pas ou présente seulement des gasps irréguliers, appelez immédiatement les secours et commencez la réanimation cardiopulmonaire si vous savez la pratiquer. Le répartiteur peut vous guider par téléphone.

Une première convulsion, une convulsion qui dure plus de cinq minutes, plusieurs crises rapprochées, une blessure à la tête, une grossesse ou une récupération anormalement lente imposent également un appel. Pendant la crise, éloignez les objets dangereux et protégez la tête avec quelque chose de souple. Ne bloquez pas les mouvements et ne mettez rien dans la bouche.

Une confusion apparue brutalement, des propos incohérents, une agitation intense ou une somnolence inhabituelle peuvent aussi révéler un problème neurologique, une infection, une hypoglycémie, une intoxication ou un manque d’oxygène. Ces signes ne se règlent pas de manière fiable avec du repos, du café ou l’attente.

Surdose ou intoxication : ne pas attendre les certitudes

Après la prise d’une substance, d’un médicament, d’alcool ou d’un mélange de produits, les symptômes d’urgence les plus préoccupants sont la respiration lente, faible ou absente, l’impossibilité de réveiller la personne, des lèvres bleutées, une peau froide ou moite, des pupilles très petites, des vomissements répétés et des convulsions.

Les opioïdes peuvent ralentir la respiration jusqu’à l’arrêt, y compris lorsque l’apparence ou la quantité d’un produit semble connue. Les comprimés et poudres obtenus hors d’un circuit pharmaceutique peuvent contenir une substance ou une dose différente de ce qui était attendu. L’alcool, les benzodiazépines et d’autres sédatifs augmentent fortement le risque lorsqu’ils sont combinés à des opioïdes.

S’il y a une possibilité de surdose d’opioïdes, appelez les secours, administrez de la naloxone si vous en avez et si vous savez l’utiliser, puis surveillez la respiration. La naloxone peut faire revenir une personne à elle temporairement, mais son effet peut s’estomper avant celui de l’opioïde. Ne laissez pas la personne seule. Si elle respire mais reste inconsciente, placez-la sur le côté en position latérale de sécurité pour limiter le risque d’étouffement en cas de vomissement.

Dites aux secours ce qui a été consommé, si vous le savez, ainsi que l’heure approximative et la quantité. Cette information sert au traitement, pas au jugement. Ne tentez pas de faire vomir la personne et ne lui donnez ni café, ni douche froide, ni autre substance pour la « réveiller ».

Saignement, douleur intense et blessure grave

Un saignement qui ne s’arrête pas malgré une pression directe continue, du sang dans les vomissements, des selles noires ou rouges, ou des crachats de sang justifient une prise en charge urgente. Sur une plaie externe, exercez une pression ferme avec un tissu propre. Si le sang traverse le tissu, ajoutez-en un autre par-dessus au lieu de retirer le premier.

Après une chute, un accident de la route ou un choc à la tête, appelez les secours si la personne perd connaissance, vomit à répétition, devient confuse, présente une faiblesse, une douleur au cou, une pupille différente de l’autre ou un mal de tête qui s’aggrave. Ne déplacez pas une personne si une blessure à la colonne est possible, sauf danger immédiat.

Une douleur abdominale très forte et soudaine, particulièrement avec ventre dur, fièvre, évanouissement, grossesse possible ou saignement vaginal, ne doit pas être banalisée. Chez une personne enceinte, des saignements, une douleur abdominale importante, des convulsions, un mal de tête sévère ou une diminution marquée des mouvements du bébé appellent une évaluation urgente.

Que faire pendant l’attente des secours ?

Restez auprès de la personne et gardez le téléphone à portée. Déverrouillez la porte si possible, éloignez les proches qui gênent l’intervention et préparez les renseignements utiles : âge approximatif, symptômes, maladies connues, médicaments, allergies et heure de début. N’administrez pas de nourriture, de boisson ou de médicament à une personne confuse, somnolente ou qui avale mal.

Si la personne est consciente, installez-la dans la position la plus confortable, sans la forcer à marcher. Si elle a une douleur thoracique ou peine à respirer, la position assise peut être préférable. Si elle est inconsciente mais respire, placez-la sur le côté et vérifiez régulièrement sa respiration.

Il arrive qu’un symptôme soit finalement moins grave que redouté. Ce n’est pas une raison pour différer l’appel lorsque les signes correspondent à une urgence. Les services d’urgence préfèrent une inquiétude justifiée à une intervention retardée.

Face à un doute, fiez-vous à l’évolution : un symptôme soudain, inhabituel, intense ou qui s’aggrave mérite une réponse rapide. Votre rôle n’est pas de poser un diagnostic, mais de reconnaître qu’une personne a besoin d’aide maintenant.

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